Le Parquet requiert la prison à vie contre 5 accusés
Le procès de l’attaque terroriste de Kafolo, survenue en juin 2020 dans le nord de la Côte d’Ivoire, a connu un tournant majeur le lundi 30 mars 2026. Le procureur de la République a requis la prison à vie contre cinq des 45 accusés, présentés comme les auteurs directs de cette attaque qui avait coûté la vie à 14 militaires ivoiriens. Les principaux accusés visés par cette réquisition sont Sidibé Ali, alias Sofiane, Sidibé Assane, Sankaré Mohamed, Diallo Korga et Ouedraogo Abdoul.
Selon le parquet, ces individus appartenaient au commando d’une trentaine d’hommes lourdement armés qui a lancé l’assaut dans la nuit du 10 au 11 juin 2020 contre un poste de contrôle à Kafolo, une localité proche du Parc national de la Comoé. Au cours de son réquisitoire, le procureur a insisté sur la gravité des faits, qualifiés sans équivoque d’actes de terrorisme. L’attaque avait été revendiquée par la Katiba Macina, un groupe affilié à la mouvance jihadiste sahélienne.
Selon le ministère public, cette offensive s’inscrivait dans une stratégie d’expansion des groupes armés terroristes vers les pays du golfe de Guinée, avec pour objectif la création de zones de repli et de sanctuaires le long des frontières. Les éléments présentés devant le tribunal font état d’une opération soigneusement préparée. Certains assaillants auraient traversé le fleuve Comoé à la nage, tandis que d’autres sont arrivés à moto.
Le procureur a également indiqué que plusieurs membres du commando se trouvaient déjà sur le territoire ivoirien avant l’attaque. Le chef présumé de l’opération, Abdourahmane Sidibé, alias « Hamza », figure parmi les individus en fuite. Sur les 45 accusés, le parquet distingue plusieurs niveaux de responsabilité. Outre les cinq présumés auteurs directs pour lesquels la peine maximale a été requise, 26 autres personnes sont poursuivies pour leur rôle de soutien logistique. Il leur est reproché d’avoir fourni hébergement, renseignements ou assistance aux assaillants. À leur encontre, le ministère public a requis des peines allant jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.

Le procureur a également rappelé que cette affaire s’inscrivait dans un contexte sécuritaire tendu dans le nord du pays, où les autorités redoutent une infiltration progressive des groupes terroristes. Il a souligné que « la souveraineté nationale a été attaquée » lors de l’assaut de Kafolo, insistant sur la nécessité d’une réponse judiciaire ferme pour préserver l’État de droit. Ce procès revêt ainsi une dimension symbolique importante. Il représente, selon le parquet, la capacité de l’État ivoirien à faire face à la menace terroriste tout en rendant justice aux victimes.
Les 14 militaires tués lors de l’attaque restent au cœur des préoccupations, leur mémoire étant régulièrement évoquée au cours des audiences. La défense, de son côté, se prépare à contester les réquisitions du ministère public. Les avocats entendent démontrer les failles éventuelles du dossier et défendre les droits de leurs clients. « Le tribunal est un arbitre.
Il écoute les deux parties avant de trancher », a déclaré Me Mohamed Lamine Koné. Les plaidoiries de la défense sont attendues le 20 avril 2026. Le verdict final, très attendu, pourrait marquer un jalon important dans la lutte contre le terrorisme en Côte d’Ivoire et dans la consolidation de son appareil judiciaire face à ces menaces.
Prince B