
Le climat continue de se tendre autour du processus électoral de la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’État de Côte d’Ivoire (MUGEF-CI)pour la mandature 2026-2029. Réunie en Assemblée générale extraordinaire ce vendredi 27 mars 2026 à Abidjan-Cocody, la liste Alliance pour le Bien-être (ABM) est montée au créneau après le rejet de plusieurs de ses candidatures par le Comité électoral national.
Devant une mobilisation regroupant faîtières syndicales, mutuelles de fonctionnaires, associations et clubs de soutien, la tête de liste ABM, David Bli Blé, n’a pas mâché ses mots. « Ce que les Ivoiriens doivent retenir, c’est que le processus électoral a été biaisé », a-t-il déclaré, donnant le ton d’une contestation qui pourrait s’intensifier dans les jours à venir.
Au cœur de la colère de l’ABM : l’invalidation de plusieurs listes dans différentes régions, notamment à Abidjan, dans le Haut-Sassandra, le Sud-Comoé, la Bagoué et le Poro. Selon David Bli Blé, ces décisions ont entraîné la perte d’environ 126 délégués avant même le début de la compétition. « Ce sont des listes entières qui sont écartées de manière injustifiée. Nous sommes éliminés avant même d’avoir commencé », a-t-il dénoncé.
Le leader syndical rejette toute responsabilité dans ces invalidations, évoquant plutôt des irrégularités dans le traitement des dossiers par le Comité électoral. Il cite notamment des cas de candidats retraités considérés à tort comme étant encore en activité, malgré des preuves attestant leur statut. À Abidjan, il pointe également des incohérences dans l’analyse des dossiers : « On nous reproche des anomalies sur certains candidats, mais dans le même temps, des dossiers incomplets sont acceptés. Ce sont des éléments fâcheux qui jettent un discrédit sur tout le processus. »
Autre grief majeur : le refus du Comité électoral d’accorder un délai pour corriger les éventuelles irrégularités. « Nous avons rencontré la présidente du comité électoral. Elle a refusé toute possibilité de régularisation. Elle accepte ainsi de nous éliminer avant même le début de la compétition », a regretté David Bli Blé, dénonçant une décision « incompréhensible et injuste ».
Face à ce qu’elle considère comme une exclusion arbitraire, la liste ABM a annoncé des mesures fortes. Elle a décidé de récuser le Comité électoral et sa présidente, tout en suspendant sa participation au processus électoral à l’échelle nationale. Mais au-delà de cette suspension, l’organisation pose des conditions claires pour un retour dans la course : « Il faut que l’État crée les conditions d’une participation inclusive. Tous ceux qui ont été exclus doivent pouvoir prendre part au processus », a insisté le candidat.
La tension pourrait encore monter d’un cran. En effet, l’ABM n’exclut pas le recours à des actions de protestation si aucune solution n’est trouvée rapidement. « Si rien n’est fait dans les jours qui viennent, nous engagerons des actions avec les moyens légaux pour nous faire entendre. Cela peut aller de la protestation à l’arrêt du travail », a averti David Bli Blé.
Pour lui, le combat dépasse le simple cadre électoral : « Ce que nous faisons s’inscrit dans la défense des intérêts matériels et moraux des fonctionnaires de Côte d’Ivoire. » Cette sortie musclée de la liste ABM met en lumière les tensions qui entourent ce scrutin stratégique pour la gestion de la MUGEF-CI. Elle pose également la question de la transparence et de l’équité du processus électoral, dans un contexte où la confiance des acteurs apparaît sérieusement ébranlée.
Prince B